"(...) Alors que la reconnaissance internationale du réchauffement de la planète a été rapide, les actes ont été faibles. Les Etats-Unis ont refusé de limiter leurs émissions, et des pays en développement comme la Chine ou l'Inde les ont rapidement accrues. Quel est l'enjeu ? Le réchauffement, d'environ 1,1° C au-dessus des continents, semble inoffensif, car inférieur aux fluctuations de la météo d'un jour à l'autre. Mais un réchauffement supplémentaire est "dans le tuyau", retardé uniquement par l'inertie des océans. Le climat approche d'un point de bascule dangereux. Les éléments d'un cataclysme global sont en place. Des effets d'amplification pourraient engendrer des changements rapides.
La mer de glace arctique en est un exemple. Le réchauffement a déclenché sa fonte, exposant l'océan plus sombre, qui absorbe plus de rayonnement solaire et fait fondre plus de glace. Même sans augmentation des gaz à effet de serre, la glace de mer aura bientôt disparu en été.
Il y a des points plus fatidiques encore. L'ouest de l'Antarctique et la calotte groenlandaise sont vulnérables à des faibles augmentations de température.
Ces géants de plus de trois kilomètres d'épaisseur réagissent d'abord lentement, mais, si leur désintégration progresse suffisamment, on ne pourra la stopper. Le débat scientifique porte uniquement sur le niveau d'élévation des mers. Je pense que si les émissions se poursuivent au rythme actuel les océans gonfleront de deux mètres avant le fin du siècle. Des centaines de millions de personnes vont se transformer en réfugiés (...)."