Autres batailles de l'Islam

Les autres batailles de l’Islam

D’autres batailles menées par les musulmans furent décisives dans la formation d’un empire qui atteindrait son apogée au 17ième siècle avec la dynastie des Ottomans.

La défaite d'Ouhoud

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Hind Bint Utbah, la femme d'Abu Sufyan, ne pouvait accepter le fait que son père, Utbah Ibn Rabî`ah, ainsi que son oncle Shaybah et son cousin Al-Walîd Ibn `Utbah est était tué sans que pareil affront ne soit lavé. Aussi, elle soutenait Abu Sufyan dans son désir de vengeance, et prépara de son côté la mort d'Hamza, qu'elle tenait pour responsable de la mort de ses proches et haïssait plus que tous les autres musulmans pour avoir tuer son père, son frère et son oncle. Un esclave Ethiopien du nom de Wahchi, qui possédait une grande adresse à la lance, fut ainsi recruté et chargé par Hind de tuer Hamza, en l'échange de sa liberté.

Le prétexte déclencheur de cette deuxième bataille chez les Mecquois fut le fait de voir leurs caravanes en direction d'Irak bloquées par les troupes de Muhammad (PBSL), qui les attaquaient constamment pour le butin qu'elles renfermaient.

Une armée d'environ 700 hommes en armures, 3 000 soldats sur chameaux, et une cavalerie de 200 hommes marchèrent alors à la rencontre du prophète de Dieu (PBSL) pour en finir une fois pour toute avec l'Islam.

L'armée d'Abu Sufyan s'arrêta à la hauteur des collines d'Ouhoud, où elle attendait désormais l'armée du prophète de Dieu (PBSL), qui ne tarderait plus à venir. Muhammad (PBSL) décida de partir à la guerre, accompagné d'un peu moins de 1000 hommes en arme. Mais sur le chemin, la section commandée par l'hypocrite Abdoullah ibn Oubay (1), rebroussa chemin vers Médine, amputant l'armée du prophète de Dieu d'un peu plus de 300 hommes.

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Le prophète de Dieu (PBSL) arrivé à Ouhoud, constata le gigantisme de l'armée ennemi, et considéra le fait qu'il fallait préparer mentalement ses combattants, s'il souhaitait remporter la victoire. Il leur fit le discours suivant :

"C'est une tâche difficile que de combattre l'ennemi, et seuls ceux qui seront guidés et soutenus par Dieu resteront inébranlable. Souvenez-vous que Dieu est avec ceux qui Lui obéissent, tandis que Satan est le compagnon de ceux qui Lui désobéissent. Restez fermes au Djihad et profitez-en pour bénéficier des bénédictions promises par Dieu. Nul ne mourra dans ce monde tant que Dieu ne l'aura décrété".

Avant le début de la bataille, le prophète de Dieu (PBSL) posta un groupe d'archers en retrait, afin que ces derniers évitent aux troupes de Muhammad (PBSL) de se faire prendre à revers. L'armée des musulmans se battit avec une telle férocité, que les Mecquois prirent rapidement leur jambe à leur coup, malgré les insultes de leur femmes qui les injuriaient et les haranguaient à reprendre le combat. L’impensable se produit alors : voyant que les Mecquois prenaient la fuite, les archers postés par le prophète de Dieu (PBSL), appâtés par le butin qui leur tendait les bras, se lancèrent à la poursuite de l'ennemi.

C’est à ce moment que l'un des commandants Mecquois, Khalid Ibn Al Walid (2), connu pour ses dons de militaire, décida de prendre l'armée de Muhammad (PBSL) à revers, décimant toute résistance. Pendant ce temps, Hamza venait d'être tué par Wahchi, et l'on été sans nouvelle du prophète de Dieu (PBSL), invisible parmi ses troupes dans la bataille qui faisait rage.

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Voyant que la victoire leur souriaient à nouveau, les Mecquois chargèrent avec une force décuplée, provoquant le repli des musulmans, qui prirent la fuite en direction de Médine, alors que la rumeur de la mort du prophète de Dieu (PBSL) commençait à se répandre. Parmi ces derniers, on notera la présence d'Umar Ibn Al Kattab ou de Uthman Ibn Affan, qui ne voyaient plus de raison de se battre si le prophète de Dieu avait péri. D'autres musulmans au contraire, dont Ali, restèrent se battre, et retrouvèrent le prophète de Dieu (PBSL) qui avait eu la lèvre fendu et une dent fissurée par un coup de sabre. Ils le protégèrent du mieux qu'ils purent et parvinrent à le ramener sain et sauf en haut d'une montagne, à l'abri des troupes d'Abu Sufyan. Ce dernier annonça aux compagnons du prophète que beaucoup de leur hommes étant mort, ils fallaient qu'ils se rendent à l'évidence de la fin proche de leur religion. A cela le prophète leur répéta une phrase, que les compagnons répétèrent d'un ton grave à Abu Sufyan : "Soit nos compagnons sont morts, mais ils sont au Paradis, les vôtres eux, sont en Enfer !"

A l'issu de la bataille, de nombreuses exactions furent commises sur les cadavres musulmans par les femmes des mecquois, pratiques remontant à la Jahiliya (3). Ces dernières étaient en effet folles de rage d'avoir perdu leur mari lors de la précédente bataille à Badr. Hind, voyant le corps gisant d'Hamza, s'empressa de lui arracher le foie pour en mâcher un morceau, montrant à quel point elle lui vouait de la rancoeur et de la haine.

Les événements de ces deux batailles sont magnifiquement relatés et illustrés dans le célèbre film de Mustapha Al Akkad «le Message / Al Rissala ».

Les musulmans, malgré leur défaite, et la perte de plus de 70 hommes, restèrent soudés dans l'adversité et maintinrent leur confiance dans le prophète de Dieu. La tradition rapporte que la défaite d’Ouhoud fut une épreuve par laquelle Dieu testa la foi des musulmans, afin de distinguer ceux qui étaient près à mourir pour leur religion, de ceux qui étaient attachés au biens de ce monde.

 

(1) Chef de la tribu des Banu Khazraj et homme très influent au sein de Médine. A l’arrivée du prophète au sein de la cité, il se convertira à l’islam, bien que la sincérité de cet acte soit remise en question par les historiens de l’Islam.
(2) Ce dernier se convertira plus tard et mènera plusieurs victoires pour l’islam, il restera comme l’un des grand héros de l’Islam (surnommé l’Epée de Dieu).
(3) Egalement appelée période de l’ignorance. Ce terme est souvent utilisé pour montrer l’avancée de l’Islam en terme de droits et de règles par opposition à cette ère de violence et de non droits.

L’annexion de l’Ifriqiya

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Il faudra atteindre l’accession de Mu’âwiyya au califat islamique en 661 ; pour que l’Ifriqiya devienne l’objet de convoitise de la part de l’empire musulman. L’Ifriqiya représente alors la zone comprenant l’actuelle Tunisie, le nord-est de l’Algérie et une partie de la Libye.

C’est en 670 que la première expédition musulmane en Ifriqiya fut mené par Oqba Ibn Nafaa dans la province de Kairouan (actuelle Tunisie). Cette ville deviendra à la fois une nouvelle ville islamique, mais également le nouveau point de départ pour les futures expéditions à venir. Oqba sera ensuite temporairement remplacé par Abû al-Mujâhid, qui s’occupera d’islamiser les berbères de la nouvelle région conquise.

Oqba revient au devant de la scène politique en 681 en étant renvoyé en Ifriqiya, après la destitution de son prédécesseur. Il s’attellera alors à humilier les chefs locaux berbères capturés, islamisés ou non, afin de soumettre plus rapidement la population berbère. Ces derniers garderont d’ailleurs pendant longtemps un statut social inférieur à celui des arabes, considérés comme leur vassaux et seront soumis à l’impôt.

Pendant les 2 années qui suivront, Oqba mènera une campagne militaire qui le mènera jusqu’au rivages de l’atlantique, non sans avoir facilement vaincu les tribus berbères qui s’opposèrent à sa cavalerie. Ceci provoquera un soulèvement chez les berbères (islamisés ou non), qui menés par Kusayla, réussirent à tuer Oqba et mettre en déroute l’armée musulmane lors de la bataille de Biskra. Les arabes abandonneront finalement Kairouan et quitteront pour un temps l’Ifriqiya.
La reconquête de l’Ifriqya sera effectuée sous le califat Omeyyade d’Abd Al-Malik, et ce sera Hasan b. al-Nu‘man qui sera nommé nouveau gouverneur du Maghreb. Ce dernier reprendra ensuite Kairouan en 686, et tuera Kusayla par la même occasion.

il faudra attendre l’année 695 pour qu’un semblant de résistance, mené par la Kahina, voient les berbères reprendre un debout d’ascendance sur les musulmans en Ifriqya. Mais cette dernière sera faite prisonnière et décapitée en 702. Dès lors, les arabes n’auront plus aucun adversaire et prendront définitivement pied en Ifriqiya.

En 711, l’Ifriqiya est considérée comme occupée entièrement par les musulmans. Leur pouvoir s’étendant dorénavant jusqu’à Tanger, ils peuvent désormais se tourner vers l’Andalousie. C’est Tariq Ibn Ziyad qui sera alors chargé de conquérir ce nouveau territoire encore inconnu de l’empire musulman…

Moyen Orient et Asie centrale

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Les Arabes, menés par les troupes du général Qutayba ibn Muslim, conquirent vers 712 les territoires des actuels Ouzbékistan et Kirghizistan. Ils y entrent au contact avec les Chinois pendant le règne du premier abbasside Abou al-`Abbâs à la victoire de Talas. Ils implantent par la force l'islam auprès des peuples centre-asiatiques pratiquant jusqu'alors le zoroastrisme.

Le contrôle arabe de l'Asie centrale fut consolidé suite à la bataille de Talas - voir le paragraphe suivant - (au Kirghizistan près de la ville actuelle kazakh de Taraz) contre les Chinois en 751. Cette victoire qui a marqué l'avancée la plus à l'Est des armées arabes a été également l'occasion d'acquérir un certain nombre de techniques chinoises dont celle de la fabrication du papier. Lors de la bataille de Talas, les Arabes, victorieux, font prisonniers de nombreux Chinois et récupèrent ainsi le secret. Ils comprennent rapidement l'intérêt de ce nouveau support pour propager l'islam, et Samarcande en sera le tout premier centre de production du papier du monde musulman. Par ailleurs, ils en amélioreront la fabrication en y incorporant à sa préparation des chiffons. Haroun ar-Rachid imposa l'usage du papier dans toutes les administrations de l'empire. Le papier arrive alors dans le reste du monde connu et en Occident grâce aux conquêtes arabes en Asie centrale. On le retrouve à Bagdad en 793, au Caire en 900, à Xàtiva (San Felipe, Espagne) en 1056 et enfin en France au début du XIVe siècle.

Les conquérants arabes se frottent aussi à la Perse et vont, à l'est, jusqu'à l'Indus. Quelques populations turques se convertissent à l'islam. Au XIIIe siècle, le monde islamique joue un rôle important pour le commerce entre l'Europe, l'Inde et la Chine, les Arabes ayant, à cette époque et jusqu'à l'arrivée des Portugais en Inde, le monopole du commerce sur la côte de Malabar. Tamerlan (1336-1405), turc islamisé, fonde un Empire dit mongol mais turc de fait, dont l'existence ne sera qu'éphémère. L'un de ses successeurs, Babur restaure l'empire, en Inde surtout, que l'on nommera moghol. En Inde se produiront nombre de syncrétismes dont la tentative de l'empereur moghol Akbar, qui promulgue l'un des premiers édits de tolérance.

L'expansion de l'Islam se poursuit vers l'Asie du Sud-Est et la Chine, tout d'abord par l'intermédiaire des marchands.

La bataille de Talas

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Celle-ci eut lieu en juillet 751 sur les rives de la rivière Talas (actuel Kirghizstan) entre les troupes musulmanes de Ziyad ben Salih de la dynastie Abbasside et celle du général coréen Kao Sien-chih de la dynastie Tang.

La raison originelle qui aboutit à l’affrontement entre les empires musulman et chinois est une expédition militaire chinoise menée par Kao Sien-chih, qui captura puis fit décapiter le roi Tachkent, hostile au gouvernement chinois et refusant de payer l’impôt qui lui était imposé. Les musulmans acceptèrent d’aider le fils de Tachkent à venger la mort de ce dernier, et c’est ainsi que le général Ziyad ben Salih fut placé à la tête des armées khurassaniennes d’Abu Muslim, qui était au service du calife Abu al-Abbas As-Saffah.

L’armée musulmane comptait entre 40 000 et 150 000 hommes, dont des turcs issus de la tribu des Gazis, et l’armée chinoise déployait elle une force de 30 000 à 100 000 hommes, dont des combattants turcs de la tribu des Qarluqs, placée sous autorité chinoise.
En seulement cinq jours, les musulmans prirent l’ascendant sur les chinois à l’issu d’une rude bataille, où les chinois débutèrent pourtant l’engagement de façon favorable. Mais le ralliement des turcs Qarluqs aux musulmans au fur et à mesure que la victoire se dessiner pour les musulmans contribua à désorganiser complètement l’armée chinoise qui finit par battre en retraite.

Bien que victorieux, les musulmans ne décidèrent pas de poursuivre outre-mesure leur progression vers l’Est à l’intérieur des terres chinoises. Ceci marquera toutefois la plus grande avancée orientale de l’empire musulman en orient, et de même l’avancée la plus grande en occident de l’empire chinois (du moins jusqu’à l’arrivée de l’empereur mongole Gengis Khan).
L’avancée de l’islam se fera à partir de ce point uniquement à travers les conversions des populations turques.

La capture de nombreux prisonniers chinois, vendus par la suite comme esclave sur les marchées de Damas, Bagdad ou Samarkand, permis également aux musulmans de récupérer les méthodes secrètes de fabrication du papier et de permettre une diffusion plus large du texte coranique.

La conquête ottomane

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Au IXe siècle, on note la progression de peuples turco-mongols de la région des montagnes Altaï et du lac Baïkal vers l'Ouest; ces peuples s'islamisent progressivement. Par la suite, appelées en renfort par le calife abbasside pour calmer les agitations, des populations turques appelées Seldjoukides s'installent à Bagdad au XIe siècle.

L'islam s'étend en Asie mineure et en Inde. Un prince afghan converti à l'islam instaure un sultanat en Inde. Il y a différentes influentes familles dans les tribus turques en Asie mineure, et la famille Osman, implantée près d'Istanbul, va entreprendre la conquête de l'Asie mineure et des Balkans. Constantinople tombe en 1453. L'expansion de l'islam en Europe a été le fait des Ottomans qui ont remporté d'importants succès militaires dans les Balkans, en particulier sur les Albanais et sur les slaves de Bosnie.

La prise de Constantinople

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Cette ville située à la frontière entre l’Occident et l’Orient fut prise le 29 mai 1453 par les armées du calife Ottoman Mehmet II, et marqua du même coup la fin de l’empire byzantin, la fin de la période historique dit du Moyen-Age pour laisser place à celle dit de la Renaissance.

Mehmet II avait déjà préparé le siège de la ville deux ans auparavant, dès son accession au pouvoir, et signa un traité avec les Vénitiens, voisins de Byzance, afin de s’assurer de leur neutralité dans le conflit à venir. Le calife fit même construire en 1452 la citadelle de Rouméli-Hissar afin d’empêcher les chrétiens de venir en aides aux byzantins en passant par le Bosphore.

En ce qui concerne l’armement turcs, Mehmet II fit en sorte de s’adjuger les services d’Urbain, un ingénieur Hongrois, qui lui construit des canons d’une longueur jusqu’alors jamais atteinte (on parle de plus de 7 mètres de long) et capable de tirer des projectiles de plus de 500 Kg.

De son côté, Constantinople ne disposait que d’environ 5000 hommes pour défendre la ville, ainsi que 2000 soldats étrangers. Face au gigantisme de l’armée levée par le sultan et la puissance de sa flotte maritime, l’armée byzantine ne disposait donc que de peu de soldats et de quelques navires byzantins protégeant la zone dite de la Corne d’Or (estuaire se jetant dans le Bosphore).

Afin de contourner les navires défensifs, Mehmet II eut l’idée de faire démonter les navires, de les faire transporter par voie terrestre puis de les reconstruire dans l’estuaire. Les assiégés, pris par surprise, n’en furent que plus démoralisés, et beaucoup durent quittés leur poste défensif prévu pour aller à la rencontre de l’armée du sultan.

Constantin XI, voyant rapidement que le siège ne pourrait tenir, tenta d’acheter la paix auprès de Mehmet II, au moyen du paiement d’un tribu, ce que ce dernier refusa. Aussi, après 40 jours de combats éprouvants, des brèches commencèrent à se former dans la muraille de la cité jadis jugée imprenable. Les trucs profitèrent de ses nouvelles entrées pour s’engouffrer à toute allure à l’intérieur de la cité, obligeant Constantin XI, dans un dernier élan qu’il faut reconnaître courageux, à participer à la bataille pour finalement être tué.

A la fin de la journée du 29 Mai 1453, Constantinople était prise, et l’étendard du sultan flottait au dessus de la ville. Le lendemain, Mehmet II entra dans la ville à cheval, se rendit à l’église Sainte Sophie, et ordonna de la transformer en mosquée.

Avec la chute de Constantinople, l’occident perd l’une des villes ayant été la plus peuplée et la plus riche durant de nombreux siècles, et qui avait jusqu’à lors continuait à perpétuer l’héritage de l’empire romain, et ceux malgré les nombreuses tentatives d’envahissement dont elle fut l’objet au cours de son existence. Désormais nouvelle ville de l’empire ottoman, la capitale de l’occident chrétien allait porter un nouveau nom, Istanbul

Auteur: Souhayl.A & Lionel.J
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