De grande stature, Umar (ou Abû Hafs 'Umar bin al-Khattab bin Nufayl al-Qurachî al-'Adawî) fût connu de son vivant pour son fort caractère, sa fidélité à Dieu et son messager (PBSL) et ses positions souvent orthodoxes, qui lui valurent parfois beaucoup de critiques de la part de ses coreligionnaires, comme en témoigne « Al sira anabaouya ».
Persécuteur acharné de Muhammad (PBSL), avant d’être un de ses plus fidèles compagnons, à l’image d’un Paul pour les chrétiens, il se convertit à l’Islam presque par miracle lors d’une dispute avec sa sœur. Dès lors il consacrera le restant de sa vie au triomphe de l’Islam, pour bâtir lors de son Califat un empire d’une taille jusqu'à là inégalée.
Qui était cet homme considéré unanimement par les musulmans sunnites comme un des personnages les plus influents de l’histoire de l’Islam, après le prophète Muhammad (PBSL) ?
Entre récits exagérés et vérités admises, nous allons tenter de dresser le portrait, reconstituer l’histoire du plus grand calife de l’Islam et d’un des compagnons les plus illustres du prophète.
Umar est né à la Mecque en l'an 581 du calendrier Judéo-Chrétien. C'est un homme robuste et colérique, et qui a toujours des idées très arrêtées, c'est d'ailleurs ce trait de caractère qui fit de lui, une fois converti, l'un des plus fervent défenseur de la religion de Dieu.
Pourtant, lorsque l'Islam commence à être prêché par Muhammad (PBSL) au sein de la Mecque, Umar par excès de conservatisme s'oppose farouchement à la nouvelle religion qu'il voyait alors comme une subversion, en persécutant tout les Musulmans dont il croisa la route.
Umar décida même de tuer le prophète de Dieu (PBSL), lorsqu'il apprendra que ce dernier tenait une réunion avec d'autres compagnons dans une maison de la Mecque. Or, en chemin, il rencontra un homme de sa tribu, Nu`aym Ibn An-Nahâm, qui été un musulman ayant embrassé la religion de Dieu dans le secret. Nu`aym Ibn An-Nahâm conseilla Umar de réfléchir avant de tuer Muhammad (PBSL), et de plutôt chercher à ramener les siens de son côté. Umar, ne comprenant pas l'allégation et le problème que pouvait lui poser sa famille, demanda à Nu`aym ce qu'il en été. Ce dernier lui apprit que sa soeur, Fâtimah Bint Al-Khattâb et son époux, Sa`îd Ibn Zayd Ibn `Amr, avait embrassé tout deux l'Islam en secret.
Umar entrepris alors de retourner chez lui pour interroger sa soeur et son mari sur leur conversion. Fâtimah et Sa'îd recevait Khabbâb Ibn Al-Aratt qui leur faisait réciter la sourate Taha (Sourate 20 du Saint Coran). Lorsqu'ils virent Umar s'approcher, ils prirent peur et Khabbâb se cacha. Fatima entrepris également de cacher le parchemin où été inscrit la sourate
Lorsqu' Umar entra dans la maison, il interrogea sa soeur sur les voix qu'il avait cru entendre provenir de la maison. Elle répondit par le négatif, assurant qu'aucune discussion n'eut été échangée. Umar s'énerva, et les accusa d'avoir renier la religion de leurs ancêtres en suivant celle de Muhammad. Il entrepris même de battre Sa'îd, mais Fâtimah s'interposa entre lui et son mari. Umar la blessa alors accidentellement.
Les deux époux avouèrent leur conversion, non sans montrer leur détermination. Umar fut alors pris de remord à la vue du sang de sa soeur et lui demanda de voir le parchemin où se trouvait inscrit la sourate (1), afin qu'il puisse connaître les paroles prêchées par Muhammad (PBSL).
A peine eut-il fini de lire le début de la sourate Taha, qu'il ne put s'empêcher de manifester son émerveillement, devant des paroles aussi belles et nobles. Khabbâb, entendant ces paroles, sortit de sa cachette et apprit à Umar qu'il avait entendu la veille le messager de Dieu (PBSL), implorer Allah en lui demandant l'assistance Abu Al-Hakam Ibn Hishâm ou `Umar Ibn Al-Khattâb.
Umar décida alors de se rendre auprès de Muhammad pour embrasser l'Islam. Lorsqu'il arrivât à la maison où se trouvait le prophète (PBSL), un homme qui guettait par une des fenêtres fut effrayé par la vue d'Umar avec son épée. Hamzah Ibn `Abd Al-Muttalib, l'oncle du prophète de Dieu (PBSL) le rassura en assurant que si Umar voulait du mal au Messager de Dieu (PBSL), il succomberait par sa propre épée ! Mais il n'en fut rien, et Umar se convertit à l'Islam, avec la bénédiction de Muhammad (PBSL).
Aussitôt, Umar rendit sa conversion publique, et interdit au musulman de cacher leur foi et qu'ils quittent la Mecque pour accomplir la Salat (Prière).
Umar commença ainsi à se consacrer à la défense de l'Islam auprès des païens de Quraysh, et il accomplit même sa prière ouvertement près de la Kaaba afin que tous les musulmans soient assurés de la sincérité de sa conversion et de son engagement envers la cause de Dieu.
Dès sa conversion, Umar fit parti des compagnons les plus proches de Muhammad (PBSL). Il appartenait à ce que l'on peut appeler aujourd'hui sa garde rapproché, ou ses fidèles lieutenants.
Aussi, la tradition rapporte qu’il avait l'habitude d'être exigeant avec lui-même mais aussi avec les autres musulmans, n'hésitant pas à condamner publiquement leurs écarts de conduite. La rigueur de son caractère poussait le prophète (PBSL) à intervenir souvent pour tempérer la conduite de son ami et compagnon vis-à-vis de ses coreligionnaires.
Un des premiers événements important de la vie d’Umar, rapporté par la tradition, se déroula lors de la bataille de Uhud (2), Umar alors sur le champ de bataille, apprenant la nouvelle de la mort du prophète de Dieu (PBSL), pris la fuite en compagnie d’autres compagnons. Cette nouvelle qui ne fut qu’une rumeur, répandue par les Quraychites afin de déstabiliser les musulmans eut un impact considérable sur le moral de l’armée musulmane, qui fini par céder et même perdre la bataille. Umar, tout comme les autres compagnons qui prirent alors la fuite, regrettèrent amèrement leur geste par la suite.
(1) Fâtimah , craignant qu'il ne déchire le parchemin, lui refusa cette requête. Umar insista, si bien qu'elle lui accorda de le toucher, mais à l'unique condition qu'il se purifie avant. Umar accepta et pris un bain, puis il lut le parchemin.
(2) Colline se situant sur la route entre la Mecque et Médine, Uhud fût la première défaite subis par les musulmans qui n’obéirent par au commandements du prophète (PBSL) ce jour là.
A la mort du prophète Muhammad (PBSL), Umar en fut tellement peiné qu'il refusa de voir la triste vérité. Il accusa de mensonge ceux qui affirmaient la mort de Muhammad (PBSL), et il commença même à les menacer physiquement. Pour lui, Muhammad (PBSL) n'était qu'absent que pour une courte durée, comme Moïse lorsqu'il s’absenta durant quarante nuits pour aller s’entretenir avec Dieu.
C'est alors qu’Abu Bakr, un autre compagnon de Muhammad, dont la biographie est détaillée dans un autre article, pris la parole pour prononcer une phrase restée célèbre dans les mémoires, "Celui qui adorait Muhammad, qu’il sache qu’il est mort, que celui qui adorent Dieu sache que ce dernier est immortel".
Il enchaîna par la suite en rappelant à Umar deux versets du Coran, relatifs à la mort imminente de tout homme, y compris Muhammad (PBSL) :
Umar, ébloui par ces versets dont il n'avait pas discerné le sens profond, demanda alors pardon à Abu Bakr et à ses compagnons pour son comportement.
Ensuite, Abu Bakr et Umar se réunirent avec les Ansars (tribus Arabes de l'époque), pour discuter de qui aller assurer le califat. Il était entendu que ce soit un Quraychite, car ces derniers font partie de la même tribu que le prophète de Dieu (PBSL) et sont réputés être meilleurs orateurs et parmi les peuples Arabe les plus généreux. Abu Bakr voulut que se soit Umar, mais les Ansars refusèrent car ils craignirent qu'Umar ne les défavorise vis à vis d'autres nations. Umar s'en défendit, et les encourageât à prêter serment à Abu Bakr. Abu Bakr refusât, prétextant qu'Umar été plus fort que lui. Mais Umar lui rappela qu'il était meilleur que lui.
Après discussions et consultations entre les différents partis, Umar et la majorité des musulmans, prêtèrent alors serment à Abu Bakr et ce dernier devint premier Calife de l'Islam (3). Ce n'est qu'à l'annonce de sa mort prochaine, qu' Umar fut désigné comme son successeur pour assurer le second califat de l'Islam.
Agé de 63 ans, Abu Bakr commença à ressentir les faiblesses de son corps, dues aux effets de la maladie, et se posa alors la question sur la personne à même de lui succéder. Il fini par choisir Umar Ibn Al Kattab comme deuxième calife de l'Islam, avec le consentement des médinois, et un testament rédigé par Uthman, fut mis en place pour légitimer la future passation de pouvoir.
Umar fut le premier calife de l'Islam a prendre le titre d'Amir al-mûminîn (Le Commandeur des croyants). Aussitôt, il mena de nombreuses campagnes militaires contre les royaumes de Byzance et de Perse. Parmi les batailles les plus importantes, figurent :
- la prise de Damas en 635, après un siège de 3 mois. La ville fut conquise grâce à l’immense courage et la patience des soldats de l’armée musulmane, et à l'ingéniosité de Khalid Ibn al-Walid, qui escalada le mur d'enceinte de la ville avec d'autres compagnons, tua les sentinelles qui gardaient les portes et attaqua ensuite le reste des soldats patrouillant en ville. Déroutés, les assiégés demandèrent la conclusion d'un pacte de paix avec les musulmans, ce que ces derniers acceptèrent, et la moitié des richesses de la ville furent ainsi remises à l'armée Musulmane. A l'issu de cette bataille, l'entière province du Sud de la Syrie était sous contrôle musulmane.
- la bataille d'al-Qâdisiyya, qui reste une des plus célèbres de l’Islam. Umar y déploya 30 000 cavaliers, commandés par Sa`d ibn Abi Waqqas. Au bout de trois jours de combats, les musulmans commencèrent à obtenir l'avantage sur l'armée Perse commandée par Rostam Farrokhzad, alors que ce dernier disposait initialement d'un grand nombre d'éléphants et de 120 000 hommes. Ce dernier, fut d'ailleurs capturé au cours de la bataille par un soldat musulman qui lui trancha la tête. En gagnant cette bataille, Umar pris le contrôle total de la Perse.
- Que dire également de la déroute de l’armée Byzantine composé de 80 000 hommes, du siège de la ville d'Émèse en hiver, au cours duquel un tremblement de Terre facilita la prise de la ville par les musulmans, ou encore de la prise de Chalcis (Syrie) et de Césarée (actuelle Israël).
Une fois la conquête de ces villes parachevée, la domination musulmane sur la Syrie fût totale. Umar ordonna alors de marcher sur Jérusalem, ville jusqu’alors doublement sacrée, pour les chrétiens comme pour les juifs.
Le siège de la ville de Jérusalem, aboutit à sa capitulation en 638. Le patriarche Sophione, qui voulait éviter toute perte humaine parmi les habitants de la cité, demanda alors à traiter directement avec le calife Umar.
Ainsi l’on raconte qu’après la reddition de la ville, Umar entra dans une ville de Jérusalem inquiète du sort que les musulmans allaient réserver à ses habitants, à ses biens et lieux de cultes. Pourtant, le Calife ordonna que la vie de chaque habitant soit préservée, comportement qui contraste avec l’attitude qu’eut l’armée des croisés conduite par Godefroy de Bouillon, lors de la reprise de Jérusalem des années plus tard en 1099, et qui massacra toute la population y résidant, femmes et enfants inclus.
Umar arpenta les rues de Jérusalem accompagné par un simple serviteur, les deux vêtus modestement à un tel point que l’on ne pu distinguer qui des deux était le calife. Après un détour dans la ville, Umar fit une halte aux ruines du Temple de Salomon, en guise de témoignage envers le grand prophète Salomon (Sulayman en arabe). Le tout sous les yeux du patriarche Sophione, qui face à un tel spectacle, exprima sa consternation par une phrase restée célèbre en occident : « C’est l’abomination de la désolation ! ».
Gustave Le Bon, dans son livre La Civilisation Arabe (1884) commenta l'événement ainsi :
La conduite du khalife Omar à Jérusalem nous montre avec quelle douceur les conquérants arabes traitaient les vaincus, et contraste singulièrement avec les procédés des Croisés, dans la même ville, quelques siècles plus tard. Omar ne voulut entrer dans la Cité sainte qu'avec un petit nombre de compagnons. Il demanda au patriarche Sophronius de l'accompagner dans la visite qu'il voulut faire dans tous les lieux consacrés par la tradition religieuse, et déclara ensuite aux habitants qu'ils étaient en sûreté, que leurs biens et leurs églises seraient respectés, et que les mahométans ne pourraient faire leurs prières dans les églises chrétiennes.
(3) Ce n'est qu'à la mort de Abu Bakr, que Umar fut désigné deuxième calife de l’Islam.
Voici le pacte qu’Umar conclut en Syrie et à Jérusalem avec le patriarche Sophione tel que le rapporte Ibn Qayyim dans son commentaire :
« Ils ne doivent pas construire de nouveaux monastères, églises ou cellules de moines dans leurs villes et leurs alentours ; Ils ne doivent pas reconstruire ceux qui ont été détruits ; Ils ne doivent repousser aucun musulman qui souhaite passer trois jours dans une église, et ont l'obligation de le nourrir ; Ils ne doivent pas héberger d'espions ; Ils ne doivent pas être secrètement déloyaux envers les musulmans ; Ils ne doivent pas enseigner le Coran à leurs enfants ; Ils ne doivent pas faire preuve de polythéisme en public ; Ils ne doivent pas empêcher les membres de leurs familles [de se convertir] à l'islam s'ils le souhaitent ; Ils doivent faire preuve de déférence face aux musulmans ; Ils doivent céder leurs places assises aux musulmans qui souhaitent s'asseoir ; Ils doivent se différencier des musulmans par leurs tenues vestimentaires ; Ils ne doivent pas porter de noms musulmans ; Ils ne doivent pas conduire sur une selle ; Ils ne doivent pas porter d'épées ; Ils ne doivent pas vendre de vin ; Ils ne doivent pas se couper court la frange ; Ils doivent se revêtir de leur habit [chrétien] où qu'ils se trouvent ; Ils doivent se ceindre la taille d'une écharpe ; Ils ne doivent pas porter de crucifix ou l'un de leurs livres saints sur le chemin des musulmans ; Ils ne doivent pas enterrer leurs morts à proximité des musulmans ; Ils ne peuvent faire sonner leurs cloches que doucement ; Ils ne doivent pas lire à haute voix dans leurs églises en présence de musulmans ; Ils ne doivent pas porter de rameaux [le dimanche des rameaux] ; Ils ne doivent pas lever la voix pendant le deuil ; Ils ne doivent pas porter de bougies pendant leurs funérailles ; Ils ne peuvent pas acheter des esclaves capturés par les musulmans en temps de guerre ;
S'ils enfreignent le moindre de ces interdits, ils ne seront plus protégés, et les musulmans pourront disposer d'eux comme ils disposent de ceux qui leur résistent ».
A l'issu du pacte qu’il conclu avec Sophione, Umar reçut les clés de la ville par les mains du patriarche, et ordonna que les biens et les lieux de cultes des chrétiens soient préservés, et que les musulmans ne prient point dans les sanctuaires chrétiens par respect envers leur religion. Umar se rendit ensuite sur le site sur lequel Muhammad (PBSL) avait atterri pendant son Voyage Nocturne, et y fit plusieurs prières, tellement il été ému et honoré de fouler le même sol que son prophète et ami. C'est d'ailleurs sur ce site qu’Umar fera construire plus tard la mosquée Qubbat al-Sakhra, qui reste l'un des édifices les plus importants de l'Islam. Il constitue avec la Mosquée Al-Aqsa ainsi que l'esplanade des mosquées (al Haram al-Sharif), le troisième lieu saint de la religion musulmane. Ce lieu est connu actuellement sous le nom de Dôme du Rocher, sur l'esplanade du Temple dans la ville de Jérusalem.
Devant la taille grandissante de l'empire musulman, Umar eut l'initiative de bâtir une nouvelle capitale mieux adaptée à la répartition et l'administration des Terres conquises. Ainsi la ville de Koufa, fut fondée dans ce sens, près d'Al hîra, sur la rive droite de l'Euphrate.
Afin d'administrer au mieux son royaume et le rendre plus prospère, il mit en place un impôt spécifique pour les non musulmans (les dhimmis), en conséquence de quoi ces derniers étaient placés sous la protection de l'empire musulman et conservaient leur liberté de culte. Cet impôt servit essentiellement au paiement des soldes de l'armée musulmane, qui devenait de plus en plus importantes (on parle alors de centaines de milliers d'hommes !).
Umar est également connu comme celui qui mit en place le calendrier Hégirien, dont la date de début est fixée au 16 juillet 622, date à laquelle Muhammad (PBSL) parti en exil pour Médine.
D'un point de vue dogmatique, Umar institua des ordonnances concernant le respect absolu de la sacralité du mois de Ramadan et du pèlerinage, ainsi que la pratique des prières communes et nocturnes (tarâwîh) du mois de Ramadan.
Umar promulgua également l'interdiction formelle de l'ivresse publique et aurait instauré en s'inspirant de la tradition judaïque la lapidation des femmes convaincues d'adultères.
C'est notamment Umar qui permit le recul de la pratique de la fornication en interdisant la pratique du mariage temporaire (mut'a), qui avait été détournée de son contexte premier d'application.
De la conversion d’Umar jusqu’à son accession au Califat, beaucoup d’historiens, le décrièrent comme un homme au caractère rude, colérique envers ses compagnons, et intransigeant et cruel envers les non croyants. Mais son image extérieure de khalif « conformiste » et ultra-orthodoxe, s'équilibre si l'on prend en compte les qualités intérieures dont l'homme faisait preuve. Ainsi plusieurs témoignages de la tradition rapportent qu'il fut aussi très sensible aux problèmes de sa communauté, doublé d'un sens de la justice aigu et témoignant d'une humilité plus qu'admirable.
La tradition rapporte qu’un jour, dans la mosquée de Médine, Umar dirigeait la prière du vendredi. Il fut alors interrompu par un jeune enfant, qui le somma de lui payer la part de la Zakat qui lui revenait, et qui ne lui avait pas était versé par erreur. Umar, en place de réprimander le garçon du fait qu’il interrompe toute l’assemblée au début de la prière sur un problème d’ordre matériel, approuva la requête de ce dernier et proclama que jamais il n’aurait pu prier Dieu sans être en total accord vis-à-vis de sa communauté.
Un autre témoignage de l’humilité et du bon comportement d’Umar :
Il ordonna un jour que les rues étroites de Médine ne soient plus encombrées par les marchands pour qu’ainsi les gens puissent circuler normalement. Or, un marchand continua à faire commerce dans ses rues. Umar alla voir ce dernier, et le réprimanda fortement pour son attitude. La nuit venue, Umar regretta son geste et ne pu trouver le sommeil, si bien qu’il revint vers le marchand le lendemain et lui présenta ses excuses. Le marchand lui avoua : «J’avais oublié tout cela.», mais Umar lui répondit : «Vous l’avez oublié, Umar ne le peut pas.»
De son vivant, Umar avait déjà désigné un conseil (chûra) de six des plus illustres compagnons du prophète de Dieu (PBSL), afin que ces derniers puissent choisir qui serait à même de lui succéder le mieux.
Umar mourut à 63 ans, poignardé froidement dans le dos en pleine prière à la mosquée de Médine, par Abou Lou’lou’a (ressortissant perse). Il succomba à ses blessures peu de temps après (4), le 4 novembre 644.
Son assassinat pourrait être lié à un projet de déstabilisation de l’empire musulman, qui aurait été planifié bien des années auparavant.
Le conseil des musulmans « Majlis a choura », désigna à la mort d'Umar, Uthman Ibin Affan comme son successeur et troisième calife de l'Islam.
Si l’homme est perçu de nos jours par les occidentaux comme un radical, reste à admettre que sa vie, son engagement, apportèrent beaucoup à l'empire musulman à une époque ou il était encore fragile. Son califat, restera pour les musulmans comme un « Califat de lumière et de justice », et c’est sous ce même califat que naquirent toutes les institutions caractéristiques de l'Etat musulman classique. L’Islam prit alors définitivement une dimension universelle. De Bagdad à Jérusalem, en passant par Damas, l’Islam va pouvoir se répandre à une vitesse fulgurante et toute la péninsule arabe connaîtra le nom de celui que l’on surnomme : Umar le juste « Umar Al Farouk ».
(4) On raconte que ce sont les perses, qui n’avaient toujours pas digéré leur défaite face à l’armée d’Umar, et les juifs qui ne supportaient pas l’impôt dont ils étaient redevables, qui en furent les principaux instigateurs.