Autres Savants

Les savants oubliés de l'histoire

En marge des grands savants cités dans les différentes parties précédentes, l'Islam a accueilli de nombreux autres scientifiques, qui ont également contribué à l'avancement des sciences (physique, mathématique, médecine).
Il est donc important de mentionner quelques uns parmi ces derniers, même de façon concise, pour que l'on n'oublie pas leur travail et leur contribution à la science moderne.

Hounaïn Ibn Is'haq

Hounaïn Ibn Is'haq (né à El-Hira en 809 - mort en 873)
hounain.jpg Hounaïn Ibn Is'haq fait partie de ces rares savants qui disposèrent littéralement d'un "don" pour les études scientifiques. En effet, dès l'âge de 17 ans, Husayn maîtrisait la langue grecque, le perse et l'arabe, et se passionnait pour les grands médecins de l'Antiquité, dont il arrivait aisément à traduire les oeuvres complexes.
Hounaïn Ibn Is'haq est ainsi reconnu comme celui qui aura longtemps collaboré à la sauvegarde des écrits scientifiques hérités de l'Antiquité, par ses traductions particulièrement complète et aisée à lire (il n'hésite pas à découper les oeuvres traduites en chapitres et ajouter des alinéas).

Hounaïn est également connu pour ses nombreuses conférences dans le domaine médicale, ou de nombreux savants, comme Yahia ben Masaoueih, professeur qui jouissait alors d'une grande renommé, assistent. Hounaïn Ibn Is'haq écrira également de nombreux traités sur des sujets comme l'ophtalmologie, la pharmacopée, la thérapie dentaire et la diététique entre autre. Son traité le plus connu reste « Kitab el-maça’íl-tib » (livre des questions relatives à la médecine) sorte d'introduction à la médecine, permettant de comprendre les sources principales de cette discipline, et qui sera utilisé pendant longtemps par les étudiants de médecine en Orient.

Abu Al-Qasim

Abu Al-Qasim (ou Abu al-Qasim Khalaf ibn Abbas al-Zahrawi - né à Zahra v. 940 - mort à Cordoue en 1013)
al_zahrawi.jpg Considéré par ses pairs comme l'un des plus grand chirurgien Arabe, et qui a par ses travaux contribué à d'énorme progrès sur le plan de la médecine opératoire, créant ainsi les prémices de notre chirurgie moderne.
Son ouvrage majeur le plus connu est « l’Al-Tasrif », véritable encyclopédie en 30 volumes décrivant entre autre la manière de pratiquer la cautérisation sur une blessure, ou comment réduire une fracture. Il décrit également avec minutie les quelques 200 instruments qu'il utilise pour la pratique de ses opérations. L’Al-Tasrif restera longtemps un ouvrage majeur dans le domaine de la médecine, en Orient comme en Occident, où il fut traduit par Gérard de Crémone à Venise en 1497, puis par Angibourg en 1519.

Abu Al-Qasim est également le premier à avoir découvert et guéri le syndrome de tuberculose des vertèbres (Mal de Pott) 7 siècles avant sa "soi-disant" découverte par Percivall Pott (1713-1788), qui est pourtant toujours considéré de nos jours comme son découvreur !

Abu Kamil

Abu Kamil (ou Abu Kamil Shuja Ibn Aslam - né au Caire vers 850 - mort vers 930)
abu_kamil.jpg Abu Kamil fut considéré comme l’un des successeurs spirituels d'Al Khuwarizmi dans le domaine de l'Algèbre. En effet, il repris les travaux de ce dernier, et les développa pour proposer ses propres application de l'Algèbre au pentagone régulier et au décagone, ainsi que la résolution des équations diophantiennes. Il est également surnommé par ses pairs "La calculette Egyptienne"

Abu Kamil formula également une méthode complète pour la résolution d'équation du second degré de la forme x² + p = qx, uniquement en cas de solutions positives. Il entame également des recherches dans le domaine des nombres réels et des polynomiales.
Les travaux d'Abu Kamil ont beaucoup influencé les occidentaux, notamment Léonard de Pise (ou Léonard de Fibonnaci), qui participera à la diffusion du savoir Arabe en matière d'Algèbre au 13ième siècle.

Ibn al-Haytham

Ibn al-Haytham (dit Alhazen - né à Bassorah vers 965 - mort au Caire vers 1039)
al_hazen.jpg Connu en Occident sous le nom d'Alhazen, Ibn Al-Haytham peut être considéré comme l'un des plus grands savants arabes. Il voit le jour en Irak en 965, mais c'est en Egypte, au Caire plus précisément, qu'il passera la plus grande partie de sa vie.

Sous le règne du calife Al-Hakim, il entreprend une expédition vers les sources du Nil où il pense que se situe l'origine des crues du Nil. Mais arrivé à la première cataracte, il se rend vite compte que son projet est peu réaliste. Il rentre au Caire et on lui confie un poste mineur dans l'administration. Mais craignant la colère de Al-Hakim à la suite de son échec en Haute-Egypte, il feint la folie. Ce n'est qu'à la disparition du calife qu'il recouvrera soudainement ses esprits... Il peut dès lors se consacrer librement à ses travaux scientifiques. Il est l'auteur d'une centaine d'ouvrages en mathématiques, astronomie et physique. C'est plus particulièrement en optique qu'il innovera. Il étudiera l'oeil et constatera que les rayons lumineux vont droit de l'objet vers l'oeil et non l'inverse. Il a également étudié les phénomènes de réfraction et de diffraction de la lumière.

Ses méthodes de travail, basées sur les mathématiques et l'expérimentation font de Al-Haytham un savant particulièrement remarquable. Il a repris nombre de théories de ses prédécesseurs en les améliorant. Ce n'est donc pas un hasard si Al-Haytham est considéré comme un des piliers centraux de la physique arabe.

Al-Haytham meurt au Caire en 1039, laissant derrière lui des écrits qui influenceront les savants de la Renaissance, notamment par la grande connaissance des auteurs grecs qui s’y trouve incluse.

Al Biruni

Al Biruni (ou Muhammad Ibn Ahmad Abul-Rayhan Al-Biruni - né à Kath en Perse le 15 Septembre 973 - mort le 13 Décembre 1048)
al_buruni.jpgAl-Biruni est un de ces nombreux savants arabes dont le nom est inconnu du grand public, mais qui a néanmoins marqué son époque. D'origine iranienne et comme la plupart des "cerveaux" de son temps, Al-Biruni était ce qu'on appellerait aujourd'hui un savant multidisciplinaire : géographie, histoire, astronomie, religion, philosophie, mathématiques, littérature, etc, étaient son lot quotidien !

Son encyclopédie al-Qanun al-Mas'udi est un document très complet consacré à l'astronomie. Il s'attacha notamment à calculer la marche du Soleil (apogée), corrigea certaines données de Ptolémée. Excellent mathématicien, Al-Biruni développa de nouvelles équations inconnues de ses prédécesseurs. Il calcula également le méridien local et les coordonnées des localités.

Mais le tableau ne serait pas complet si l'on oubliait de mentionner que six siècles avant Galilée, Al Biruni mettait déjà en avant une Terre qui tournait autour de son axe. Avec l'aide d'un astrolabe, de la mer et d'une montagne avoisinante, il calculait la circonférence de la Terre en résolvant une équation très complexe.

Al Idrissi

Al Idrissi (ou Abu Abdallah Muhammad Ibn Muhammad Ibn Abdallah Ibn Idriss al-Qurtubi al-Hassani - né à Ceuta au Maroc vers 1100 - mort en 1165)
al_idrissi.jpgPeu d’écrits furent consignés sur la vie d’Al Idrissi, mais il reste tout de même l’un des plus fameux géographe et botaniste de son temps. Sa renommée dans le milieu scientifique est notamment due à la rédaction d’un ouvrage majeur en géographie : le Kitâb Nuzhat al Mushtâq ou Kitâb Rudjâr ou Le Livre de Roger. (car rédigé à la demande de Roger II roi normand de Sicile afin d’accompagné le grand planisphère d’argent construit par Al Idrissi).

Ainsi, après avoir étudié dans différents pays tel que le Maroc, le Portugal, ou l’Asie Mineure, Al-Idrisi établira cette carte du monde qui constitue la somme des savoirs géographiques de son temps. L'emploi généralisé de la boussole et de l'astrolabe au XIIIe siècle va permettre d'établir les cartes nautiques, les portulans. Elles décrivaient précisément les côtes, plus schématiquement l'intérieur des terres. Ce sont toutes ses informations que l’on retrouve condensées dans le Kitâb Nuzhat al Mushtâq

Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun (ou Abu Zayd 'Abd ar-Rahmän Ibn Muhammad Ibn Khälid al-Hadramï - né à Tunis le 27 Mai 1332 – mort au Caire le 17 mars 1406)
ibn_khaldoun.jpgDurant sa carrière scientifique, qui l’amènera du Maghreb à l’Egypte, en passant par l’Andalousie, Ibn Khaldoun bénéficiera d’une carrière politique importante (lui permettant de recontrer notamment Tamerlan, parent éloigné de Gengis-Khan) et consacrera sa vie entière à la science.

Son œuvre la plus grande, et qui lui prendra les 30 dernières années de sa vie, est le Kitab al-Ibar (titre intégral : Livre des enseignements et traité d'histoire ancienne et moderne sur la geste des Arabes, des Persans, des Berbères et des souverains de leur temps), histoire universelle dotée de ses propres méthodologie et anthropologie. Divisée en sept volumes, ce sont surtout les volumes 6 et 7 qui furent retenus par les historiens pour la description très personnelle des peuples berbères du nord de l’Afrique qu’y fait Ibn Khaldoun. Par sa démarche naturaliste et globalisante, Ibn Khaldoun dresse ainsi les premiers traits des science sociales contemporaines.

Auteur: Souhayl.A & Lionel.J
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