Fatima Zahra et ses autres filles

Fatima Zahra et ses autres filles

Fille du prophète Muhammad (PBSL), ce dernier décrira cette musulmane exemplaire ainsi :Les éminentes femmes du Paradis sont Khadija, fille de Khouaïled, Fatima, fille de Muhmmad, Assia, fille de Muzahem, femme de Pharaon et Marie, fille de Imran (Mère de Jésus).

(rapporté par l’imam Ahmed et El Hakem)

La fille d’un prophète

Fatima fut la quatrième et dernière fille du prophète de Dieu (PBSL), née de son premier mariage avec Khadidja (1). Muhammad (PBSL) approchait alors de ses 40 années, et la révélation divine allait bientôt le toucher.

Très jeune, Fatima vit ses trois sœurs aînées quitter le domicile familiale pour allaient habiter chez leur mari. Ne comprenant pas encore la signification du mariage, elle se sentit profondément abandonnée et cela l’emplit de tristesse. Malgré cette épreuve, l’amitié que lui portaient ses amis Zayd Ibn Haritha (fils adoptif du prophète) et Ali (cousin du prophète), et l’amour que lui portait sa mère lui permirent de supporter cette épreuve.

La tradition rapporte que Fatima atteignait sa cinquième année quand son père, Muhammad (PBSL) reçut la première révélation. Devant la charge qui pesait sur son père et qui contribuait à le préoccuper fortement, Fatima décida de faire tous son possible pour le soutenir à son tour.

Ainsi, alors que Fatima n’avait que dix ans, elle accompagna son père pour la première fois à la Kaaba pour que ce dernier accomplisse sa prière devant la mosquée sacré. C’est alors que Muhammad (PBSL) fut pris à partie par des Qurayshites, dirigés par Abu Lahab (2) qui prirent un cruel plaisir à déverser sur la tête du prophète de Dieu (PBSL) des entrailles d’animaux, alors que ce dernier se tenait en prière.

Peinée par cet épisode, Fatima se sentit pour la première fois impuissante en voyant son père ainsi malmené. Elle fit ce qu’elle put pour débarrasser la tête de Muhammad (PBSL) alors que ce dernier ne bronchait pas, refusant pour quelques motifs que ce soit d’arrêter sa prière. Ensuite, elle se tourna vers les Qurayshites, les défia du haut de ses dix années et leur lança tous ce qu’elle avait sur le cœur.

On raconte aussi, que le jour où une foule de Qurayshites se forma afin de s’en prendre au prophète de Dieu (PBSL), Fatima appela à l’aide Abu Bakr, l’ami intime de son père. Elle ne pouvait supporter de voir son père persécuté par ceux qui quelques années plutôt avaient fait partis de sa propre tribu. C’est au cours de cet épisode qu’Abu Bakr, en prenant la défense du prophète de Dieu (PBSL), fut blessé au point de tomber évanoui.

Au bout de sept années de prêches de l’Islam, les Qurayshites décidèrent de bannir la famille du prophète vers les alentours de la Mecque. Ceci eu pour but de non seulement isoler Muhammad (PBSL) du reste des habitants de la Mecque, mais également de lui imposer un embargo économique afin de faire pression sur ses proches. Le manque de ravitaillement en eau et en nourriture valut à Fatima, alors âgée de douze années, de tomber gravement malade. Lorsque le prophète de Dieu (PBSL) reçut de Quraysh l’autorisation de regagner sa demeure à la Mecque, ce dernier préféra s’exiler définitivement vers Médine, afin de permettre à sa famille de vivre dans de meilleures conditions et de pratiquer l’Islam sans plus avoir à se soucier de leurs ennemis. Khadidja, qui s’était affaiblie suite à l’embargo, finit par succomber, la vieillesse et la maladie ayant eu raison de son état faiblissant de jours en jours.

 

(1) Le prophète épousa Khadidja alors que celle-ci était de 15 ans son aîné. Se référer à notre article sur Khadidja la mère des croyants >>
(2) Idolâtre convaincu et farouche opposant à l’Islam, son surnom « Abou Jahl » qui signifie « Père de l’ignorance », lui fit donné par les premiers musulmans qui subirent sa persécution.

Une croyante hors du commun

Voyant que son père ressentait beaucoup de peine du fait de la mort de Khadidja, Fatima décida de faire tout son possible pour le réconforter et le consoler et se dévouer davantage à sa personne. Muhammad (PBSL), quand à lui éprouvait beaucoup d’affection pour sa fille, tellement que l’on a rapporté cette parole du prophète de Dieu à l’égard de sa fille :

« Quiconque plait à Fatima plait en réalité à Dieu, et quiconque cause sa colère cause en réalité celle de Dieu. Fatima est une partie de moi. Ce qui lui plait me plait aussi, et ce qui l'a met en colère me met aussi en colère ». (rapporté par Al-Bukhari)

De part sa grande foi en Dieu, sa beauté et sa filiation avec le prophète de Dieu (PBSL), Fatima représentait en quelque sorte la femme idéale à Médine. Aussi, cette dernière commença à recevoir dès ses 18 ans des demandes de mariage par son père. Pourtant, aucune ne retint son attention en particulier.

Quand Ali alla demander à son tour sa main au prophète de Dieu (PBSL), il fût très intimidé. Devant l’embarras de son cousin à poser sa demande, Muhammad (PBSL) comprit le motif de la présence de Ali et lui demanda s’il n’était pas venu pour prendre la main de sa fille Fatima. Ali acquiesça, et Muhammad (PBSL) accepta de bon cœur. C’est à l’issu de ce mariage avec Ali que Fatima quitta pour la première fois le domicile de son bien aimé père pour venir habiter chez l’un de ses plus fidèle compagnon, Ali Ibn Abi Talib.

Ali était connu pour être pauvre, aussi les époux vécurent dans la privation et la difficulté, mais le peu d’importance qu’ils accordaient aux biens matériels ne les empêcha pas de vivre une union complète et épanouie. Pour faire face aux difficultés financières que soulevait une vie commune, Ali cumulait les petits travaux et Fatima travaillait à son domicile. Pourtant, lorsque tout deux ne purent supporter les charges journalières éreintantes qu’ils s’imposaient, Ali proposa à Fatima de demander un servant à son père pour qu’ils disposent d’une aide à domicile. Cependant, Fatima ne put demander à son père cette faveur. On rapporte que lorsque ce dernier compris la détresse dans laquelle se trouvaient sa fille et son mari, il décida de leur enseigner les invocations nécessaires, à formuler quotidiennement afin que Dieu les aident dans leur pénibles tâches :

" Voici les mots que Jibril (3) m'a enseigné, que vous pouvez répéter : « Subhaan Allah » (Transcendance à Dieu) dix fois après la prière, et dix fois « AI hamdu lillah' » (Louange à Dieu) et dix fois « Allahu Akbar » (Dieu est le plus grand). Et ceci, avant de dormir, il faut que vous le répétiez 33 fois chacun. " (Hadith rapporté par El Boukhari, Muslim et Tirmidhi)

Ali et Fatima eurent de nombreux enfants, et parmi eux deux garçons, Hassan et Hussein, qui deviendront des années plus tard de grandes figures de l’Islam Chiite (4).
Ils eurent également deux filles, Zaynab et Oum kalthoum.

La mort d’un père et de sa fille

On rapporte qu’alors que le prophète de Dieu (PBSL) était gravement malade, ce dernier demanda à parler avec Fatima. Cette dernière s’approcha du lit de son père, et il lui fit part d’une révélation « Ru’ia », qu’il avait eut de l’ange Gabriel ; Il lui murmura quelque chose à l’oreille et Fatima pleura aussitôt, mais Muhammad (PBSL) lui murmura une nouvelle fois à l’oreille, et cette fois elle sourit. Remarquant la scène Aicha lui demanda alors :Tu pleures et tu ris en même temps Fatima ? Que t'a dit le Messager de Dieu (PBSL) ? et Fatima répondit :< i>« Il me dit d'abord qu'il allait rencontrer son Seigneur dans un court instant et j'ai pleuré. Puis Il me dit : ‘Ne pleure pas tu seras la première de ma famille à me rejoindre ’, et là j'ai sourie ».

La première partie de la vision prophétique de Muhammad (PBSL) s’accomplit peu de temps après; le prophète tomba alors malade et mourut après quelques jours de souffrance. On raconte que Fatima pleura beaucoup après la disparition de son père, et que personne ne l’a vit sourire après ce tragique événement.

Un matin du mois de Ramadan, alors que seulement cinq mois s’était écoulés depuis la mort de son père, Fatima se réveilla tôt le matin, anormalement heureuse et pleine d’allégresse. Elle appela ensuite, Salma bint Umays (sa servante) et lui demanda de lui préparer un bain. Elle se para ensuite de nouveaux habits et se parfuma, comme pour se préparer à un événement exceptionnel. Elle demanda que son lit fût porté dans la cour de la maison. Elle s’y allongea alors, le visage dirigé vers le Ciel et demanda à ce que son mari vienne.

Ali lui demanda alors le pourquoi de tout ceci, et Fatima répondit : 'J'ai rendez-vous aujourd'hui avec le Messager de Dieu. Ali pleura et Fatima le consola, lui demandant de prendre soins de ses enfants et d’être enterrée sans cérémonie. Elle ferma ensuite lentement les yeux, pour ne plus jamais les rouvrir. A 29 ans, elle venait de terminer sa vie terrestre, et il était temps qu’elle rejoigne celui que Dieu avait élu prophète des prophètes parmi les hommes, et qu’elle aimait plus que tout au monde, confirmant par la même la deuxième partie de la prophétie de son père.

Fatima dans l’Islam

Le caractère de Fatima était très calme, posée, si bien que l’épouse du prophète (PBSL), Aicha rapporte :« Je n'ai jamais vu une créature qui ressemblait davantage au Messager de Dieu (PBSL) dans son langage, sa conversation et sa façon de s'asseoir que Fatima. Quand le Prophète la voyait s'approcher, il l'accueillait, se levait et l'embrassait, la prenait par la main et la faisait asseoir à l'endroit où il était assis. Elle faisait de même quand le Prophète (PBSL) venait vers elle. Elle se levait, l'accueillait avec joie et l'embrassait ».

Sa simplicité dans sa vie quotidienne, son refus du matérialisme et sa générosité contribuèrent à en faire une sainte de l’islam à l’image de la vierge Marie pour les chrétiens, tellement son âme était considérée comme pure et dépourvue de souillure.

Fatima reste encore dans les esprits des musulmans comme le symbole même de la perfection féminine sur terre. Son surnom d’ « Az-Zahra » (la resplendissante) témoigne de la grandeur de sa foi, qui irradiait les gens ayant eu le bonheur de la côtoyer. Elle était également d’une si grande piété, préférant passé son temps en prière et à étudier le Coran, plutôt qu’à discuter avec les femmes de son âge, qu’on lui donna également le surnom d’ « Al-Batul » (La sainte).

 

(3) Connu dans la tradition judéo-chrétienne sous le nom de l’ange Gabriel.
(4) Branche de l’Islam, opposée durant l’histoire par un conflit politique (suite à l’assassinat de Ali), à la branche Sunnite. Se référer à notre article sur Ali >>

Les autres filles de Muhammad (PBSL)

En dehors de Fatima, le prophète de Dieu (PBSL) eu trois autres filles, nées de son union avec sa femme Khadidja.

Zaynab bint Muhammad : Elle est la cadette des quatre filles de Muhammad (PBSL). Avant sa conversion à l’Islam, elle se maria avec Abu al-Aas ibn al-Rabiah, qui se révéla par la suite être un adversaire du prophète de Dieu (PBSL). Elle demeura avec son mari à la Mecque, malgré son refus de se convertir, et même après que son père est émigré vers Médine pour fuir les persécutions infligés aux musulmans.

Abu al-Aas ibn al-Rabiah ayant été capturé à Badr (5), une rançon fut exigée pour sa libération. Zaynab, enverra alors le collier que lui avait léguée sa défunte mère comme moyen de paiement. Voyant le collier de Khadidja, Muhammad (PBSL) en fut très ému, et décida de libérer Abu al-Aas ibn al-Rabiah et de le renvoyer auprès de sa femme à la Mecque. Le prophète de Dieu (PBSL) émit comme seule condition le fait que Zaynab devrait en retour venir s’installer à Médine, une musulmane n’étant pas une épouse licite pour un mécréant.

Abu al-Aas ibn al-Rabiah accepta, et répudia son épouse, une fois arrivée à la Mecque. Zaynab se mit donc en route pour Médine, mais quelques Qurayshites, attisés par la colère qu’avait causé leur défaite à Badr, voulurent se venger de Muhammad (PBSL) et se lancèrent à sa poursuite. Cette dernière était alors enceinte, et quand elle fut touchée par une des flèches des Qurayshites, elle tomba de sa monture et perdit l’enfant sous l’effet du choc occasionné. Abu Sufyan (6) demanda alors au Qurayshites de cesser toute hostilité envers la famille du prophète, ce qui permit à Zaynab de quitter la ville en toute discrétion, la nuit, afin de ne pas créer une autre agitation parmi les Mecquois.

Zaynab pu ainsi rejoindre son père à Médine quelques jours plus tard. De son côté, Abu al-Aas ibn al-Rabiah mit un terme à ses affaires qui le retenait à la Mecque, et revint à Médine pour embrasser l’Islam. De se fait, il put à nouveau vivre avec Zaynab. Cette dernière mourut une année plus tard, en l’an 8 de l’Hégire, des suites d’une grave maladie.

Ruqayhah bint Muhammad : Elle fut mariée dans un premier temps à Utbah ibn Abu Lahab (7), avant que le prophète de Dieu (PBSL) ne soit investi de sa mission prophétique. Quand ce dernier commença à répandre l’Islam au sein de la Mecque, il rencontra l’opposition d’Abu Lahab, et de se fait Ruqayhah due apprendre à vivre au quotidien avec un mari mécréant et dont le père était un des ennemis les plus acharnés du prophète de Dieu.

Utbah, sous la pression de sa famille, la répudia quelques temps plus tard, et Muhammad (PBSL) la maria à l’un de ses plus fidèles compagnons, Uthman Ibn Affan (8), avec qui elle émigrera en Abyssinie à cause des persécutions infligées au musulman, pour ensuite rejoindre son père à Médine lors de l’Hégire. Peu avant la bataille de Badr, Ruqayhah tomba gravement malade, et Uthman du rester à Médine pour veiller sur elle; malgré toute l’attention et l’amour qu’Uthman portait à son épouse, il ne put la sauver, et cette dernière succomba à sa maladie peu de temps après.

Umm Kulthum bint Muhammad : Comme Ruqayhah, elle fut mariée à un des fils d’Abu Lahab, Utaybah Ibn Abu Lahab. Ce dernier la répudia, de la même façon que son frère, sous la pression familiale, peu de temps après que Muhammad (PBSL) reçu la Révélation. Lorsque sa fille Ruqayhah périe des suites de sa maladie, Muhammad (PBSL), afin de consoler son gendre et ami Uthman, et parce qu’il savait que ce dernier ferait un merveilleux époux, lui donna Umm Kulthum en mariage. C’est d’ailleurs du fait qu’Uthman épousa deux filles de Muhammad (PBSL), qu’il obtint le surnom de « Dhu-n Nurayn » (Au deux lumières).

Auteur: Souhayl.A & Lionel.J
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(5) Première bataille de l’Islam qui se solda par une éclatante victoire en faveur des musulmans de Médine contre les Quraychites de la Mecque.
(6) Un des notables les plus réputés de son temps, il fut longtemps opposé à l’Islam, avant de se convertir un peu sous la contrainte, après la conquête du prophète de la Mecque. Il est à l’origine de la dynastie des Omeyyades par son fils Muawiya.
(7) Fils d’Abu Lahab (un autre opposant à l’Islam, cité dans le Coran 111-1).
(8) Compagnon du prophète et troisième calife de l’Islam après la mort de ce dernier.