Autres Compagnons

Autres compagnons promis au Paradis

Parmi les nombreux et courageux compagnons, qui entourèrent le prophète de Dieu (PBSL), et l’aidèrent dans sa mission divine, dix furent promis au Paradis de leur vivant par Muhammad (PBSL) lui même, à l’image des disciples du christ.

Pénétrés par la foi, ces hommes étaient si pieux et si dévoués à la cause de l’Islam, que l’on peut facilement leurs accorder le statut de saints. Du fait que durant leur vie, le prophète savait que leur foi ne serait jamais défaillante ni entachée jusqu’à leur mort, il leur annonça avant leur mort la bonne nouvelle (Bouchra) qui les attendaient dans la vie future. Il est également important de soulever que six de ces derniers eurent une fin tragique, mort assassinés ou sur un champ de bataille.

Parmi ces compagnons, surgirent les quatre califes guidés de l’Islam, Abu Bakr, Umar, Uthman et Ali, dont nous avons déjà narrés les parcours. Voici donc, pour les six autres compagnons de Muhammad (PBSL), un bref résumé de leur histoire et de leur qualités :

Abd Ar-Rahmân Ibn 'Awf

De son vrai nom, Abd 'Amr ou Abdou l-Ka'ba (ce qui signifie serviteur de la Kaaba), il prendra finalement le nom d’'Abd Ar-Rahmân (serviteur du Tout Miséricordieux), qui lui sera donné par le prophète (PBSL) en personne, à sa conversion.

Abd Ar-Rahmân est né à la Mecque. Il se convertira très tôt (1) à l’Islam et fit partie du groupe de musulmans qui émigrèrent pour l’Abyssinie pour échapper aux persécutions infligées par les Qurayshites.

Abd Ar-Rahmân était un homme tellement doué pour les affaires, qu’une fois installé à Médine, il devint rapidement l’un des commerçants les plus riches de la ville, important les denrées les plus importantes à Médine et exportant celles présentes en excédent. Il était également un homme courageux, qui d’ailleurs subit de nombreuses blessures lors de la bataille d’Ouhoud, sans pour autant reculer.

Malgré toutes les richesses dont Dieu l’avait doté, Abd Ar-Rahmân faisait preuve d’une extrême générosité. Il remis au prophète (PBSL) deux cents « awqiyyah » d'or pour financer l’expédition de Tabûk. Pour le remercier, le prophète lui fit l’honneur de mener la prière lors d’une étape au cours du voyage en direction de Tabuk. On raconte également qu'Abd Ar-Rahmân soutint financièrement quelques unes des femmes du prophète (PBSL) après la mort de ce dernier.

En vertu de ses qualités humaines et de sa piété, Umar le choisit comme membre du conseil de consultation ayant pour objectif d’élire son successeur après sa mort.

Les épouses du prophète de Dieu (PBSL) retiendront d’ailleurs cette parole de leur mari, rapporté par Ahmad, à propos d’Abd Ar-Rahmân : « Celui qui vous traitera bien quand je ne serai plus parmi vous, c'est un sincère, et c'est un bienveillant. Oh Dieu, donne à 'Abd Ar-Rahmân Ibn 'Awf à boire de Salsabil dans le Paradis ».

Abd Ar-Rahmân mourut en 654, dix années après la mort d’Umar Ibn Al Kattab.

Talha Bin Oubaydoullah

Talha est né en 592 à la Mecque. Il est le cousin d’Abu Bakr, issu d’une riche famille mecquoise.

Talha est un musulman courageux, qui participa à la quasi-totalité des batailles menées par le prophète de Dieu (PBSL), hormis celle de Badr, car il fut envoyé avec Said ibn Zayd en reconnaissance de la caravane Qurayshite. Lorsqu’ils revinrent tout deux à Médine pour retrouver le prophète de Dieu (PBSL), ce dernier était déjà partit pour Badr et la bataille faisait rage. C’est également Talha qui protégea de sa propre personne le prophète de Dieu (PBSL), quand les Quraychites prenaient le dessus sur l’armée musulmane lors de la bataille d’Ouhoud.

Sa générosité était également immense, si bien que Talha Ibn Yahya Ibn Talha, a rapporté à son sujet qu’un jour, alors que Talha rentrait chez lui, il fut interpellé par sa femme qui remarqua sa mine attristée. Talha expliqua alors que sa mélancolie lui venait de sa richesse, qu’il estimait trop importante. Ecoutant le conseil de sa femme, il partagea alors sa fortune, qui s’élevait à Quatre cent mille dinars, avec les pauvres de la communauté, jusqu’à ce qu’il ne lui en reste plus grand chose.

Dans un hadith rapporté par At-Tirmidhi, Ali dit qu’il a entendu de la bouche du prophète de Dieu (PBSL), la parole suivante : « Talha et Zoubayr seront mes voisins au Paradis ». De même, son nom fut cité par le prophète (PBSL), au moment de sa mort, avec ceux de Ali, Uthman, Sa'd et Abd Ar-Rahmân, comme ceux dont il était satisfait.

A la bataille du chameau, en l’an 36 de l’Hégire, Talha était engagé aux côté d’Aicha et de Zoubayr pour affronter l’armée conduite par Ali, alors calife. Il fut tué en 656 à l’âge de 64 ans lors de cette même bataille par une flèche décochée par un soldat d’Ali.

 

(1) La tradition rapporte qu’il se convertit à l’Islam seulement deux jours après Abu Bakr.

Zubayr Bin Al-Awwam

Il est né en 596 à la Mecque, parmi la tribu des Banu Asad. On raconte qu’à l’annonce de sa conversion, son oncle tenta de le faire renier en l’attachant à un poteau et en lui mettant de la fumée directement sous le nez.

Alors que le prophète de Dieu (PBSL) se rendait à la Mecque pour reprendre la ville aux Qurayshites, il chargea Zubayr et Ali d’intercepter une femme portant une lettre permettant aux Qurayshites d’être prévenus de l’arrivée imminente de l'armée de Muhammad (PBSL).

Zubayr ne s’opposa jamais à Abu Bakr, Umar ou Uthman pendant leur califat respectif, mais il combattit au côté de Talha lors de la bataille du chameau, car tout deux étaient en désaccord avec la politique mené par Ali et son refus de punir immédiatement les meurtriers d’Uthman.

Pendant la bataille, Zubayr décida de s’enfuir et retourna à la Mecque. Alors qu’il s’arrêtait en chemin pour effectuer la prière, il fut lâchement assassiné par un musulman du nom de Amr Bin Jarmouz. Ce dernier prit les armes de Zubayr et les rapporta à Ali, croyant recevoir une récompense pour son acte. Mais Ali, au contraire le maudit et lui annonça que sa place était en Enfer, comme le lui avait annoncé le prophète (PBSL) des années auparavant : « Celui qui tuera le fils de Safiyya (Az-Zoubayr), fais-lui l'annonce de la géhenne » (rapporté par Fath Al-Bâri).

Abou 'Oubayda Bin Al-Jarrah

Il est né en l’an 581 à la Mecque, dans une famille de marchand. Sa modestie et sa bravoure étaient connues de tout les nobles de Quraysh bien avant sa conversion à l’Islam.

Abu Bakr fut celui qui aida Abou 'Oubayda à se convertir à l’Islam, une fois que Muhammad (PBSL) commença à répandre l'Islam autour de lui. Il rendit lui-même ce service à 'Abd Ar-Rahmân Ibn 'Awf, 'Uthmân Ibn Mazh'ûn et Al-Arqam Ibn Abou Al-Arqam, qui allèrent prononcer leur attestation de foi auprès du prophète de Dieu (PBSL) peu après.

Combattant entièrement dévoué à la cause divine, Abou 'Oubayda alla même jusqu’à tuer son propre père lors de la bataille de Badr. A propos de cet acte Dieu révéla, le verset suivant :

22. Tu n'en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s'opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les agrée et ils L'agréent. Ceux-là sont le parti d'Allah. Le parti d'Allah est celui de ceux qui réussissent.

Sourate 58 : AL-MUJADALAH (LA DISCUSSION)

Sa grande connaissance de la religion lui valu d’être désigné par Muhammad (PBSL) pour enseigner l’Islam aux Yéménites. A ce sujet Anas Ibn Malik rapporte le hadith suivant du prophète : « les gens du Yémen sont venus à nous, et dirent au Prophète (PBSL) : "Envoie nous une personne qui nous enseignera la Sunna et l'Islam". Sur ce, le Prophète saisit la main de Abou 'Oubayda et dit : "Il est l'homme de confiance de ma Umma" » (rapporté par Mouslim).

Son humilité et son abnégation n’avaient pas d’égales : Avant qu’Abu Bakr ne soit désigné comme calife, il demanda à Abou 'Oubayda s’il souhaitait devenir calife et qu’il lui prête allégeance. A cela, Abou 'Oubayda répondit : « Jamais je ne m'avancerai devant un homme auquel le Messager de Dieu a ordonné de diriger notre prière » (rapporté par Mouslim).

Lorsque Umar fut nommé calife, c’est Abou 'Oubayda qui fut chargé de mener les armées islamiques en direction de la Syrie, qu’il finit par conquérir entièrement. Et alors que la peste envahissait le pays, il refusa la proposition d’Umar de rentrer à Médine, estimant avoir autant de devoir à rester que ses soldats, fussent au prix d’une contraction de la terrible maladie.

C’est la peste qui emporta finalement ce pieux musulman, en l’an 640, alors qu’il se trouvait à la ville de Jabyia. Avant de mourir, Il fit ses dernières recommandations à son armée en ces termes :

« Je vais vous faire une recommandation. Si vous la suivez, vous serez toujours en bonne condition : "Parachevez la prière, versez la zakat, jeûnez pendant le mois du Ramadan, faites l'aumône, le pèlerinage et la 'Umra. Echangez le conseil entre vous, rendez un conseil sincère à vos commandants, ne trichez pas. Ne vous versez pas dans l'ici-bas. Si l'on vit 1000 ans, on serait indubitablement à ma place que vous voyez. Dieu a prescrit la mort aux fils d'Adam, le plus intelligent d'entre eux est celui qui obéit le mieux à Dieu et celui qui fait le plus pour l'au-delà ».

Saïd Bin Zaid

Il est né à la Mecque et fut un hanif (2) bien avant de se convertir à l’Islam.

Son père, Zaid fut connu pour être avant l’Islam parmi ceux qui déniaient l’idolâtrie. Il refusait d’ailleurs de se nourrir de la viande sacrifiée pour les dieux de la Kaaba, estimant qu’elle ne lui était pas licite. Ce dernier mourut lors d’une attaque d’un groupe armée de nomades arabes, dans la bordure sud de la Syrie, alors qu’il se rendait auprès du prophète de Dieu (PBSL), pour lui prêter serment. Avant de mourir, il prononça ce dernier souhait : « Oh Dieu, si tu m’a empêché d’atteindre ce bien, n’en empêche pas mon fils ». Son fils Said fut donc guidé par Dieu, et embrassa l’Islam peu après le début de la mission prophétique de Muhammad (PBSL).

Son épouse était Fatima Ibn Al Kattab, la sœur d’Umar, et elle se convertit également peu après. Umar été encore un fervent idolâtre à cette époque, et lorsqu’il apprit que sa sœur s’était convertie, il devint furieux et se rendit immédiatement chez elle.

Said essaya de le raisonner, mais Umar le battit violemment, ainsi que Fatima, qui essaya de défendre son mari. Se rendant compte du mal qu’il venait de causer à sa sœur, Umar s’en excusa et demanda à voir les fameux versets du Coran que Muhammad (PBSL) enseignait aux musulmans. Umar fut alors profondément touché par la beauté du texte coranique, et alla proclamer sa foi auprès du prophète de Dieu (PBSL).

Said participa à la totalité des batailles d'après l’Hégire. Il manqua uniquement la bataille de Badr, où il accompagna Talha, afin de surveiller les mouvements de la caravane Qurayshite.

Lors du califat d’Abu Bakr, Said fut parmi les compagnons que l’on consulta pour désigner le successeur du calife. Il continua également à combattre sous l’étendard de l’Islam et se distingua par son courage et son héroïsme dans la bataille de Yarmûk (3) en 636, où il aida à vaincre l’armée byzantine composée d’un peu plus de vingt mille hommes.

Les musulmans étaient alors en infériorité numérique, et le général Abû Ubaydah, afin d’haranguer ses troupes à la bataille demanda à un musulman de faire preuve de courage. Said sortit alors du rang, et demanda à son général : « J’ai décidé de mourir durant cette heure. Avez-vous un message à passer au Messager de Dieu (PBSL) ? ». A cela Abû Ubaydah répondit : « Oui, passe lui le salâm de ma part ainsi qu’aux autres musulmans et dis-lui : " Oh Messager de Dieu ! Ce que notre Seigneur nous a promis est véridique" ».

Said se lança alors de toutes ses forces contre l’armée adverse et ceci eut pour effet de remplir de courage le cœur de tout les musulmans qui n’avaient alors plus peur de l’ennemi, ni de la mort. Said mourut en 671 alors qu’il était âgé d’un peu plus de 70 ans.

Sâ'd Bin Abu Waqqas

Sâ’d est né au sein de la tribu Qurayshite des Banu Zuhrah en l’an 584 à la Mecque. Il était l’oncle maternel du prophète de Dieu.

Quand Sâ’d se convertit à l’Islam, sa mère fut tellement furieuse qu’elle lui fit du chantage affectif en refusant de s’alimenter et de boire, jusqu’à ce que mort s’en suive, s’il ne voulait pas revenir sur sa conversion. Pourtant, lorsqu’elle comprit à quel point son fils était déterminé dans sa foi, et quel amour il portait envers Dieu et son prophète (PBSL), elle n’insista pas plus et se remis à s’alimenter normalement. Les versets suivants auraient été révélés pour illustrer cette conduite :

14. Nous avons commandé à l'homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l'a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans. « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination.

15. Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez ».

Sourate 31 : LUQMAN (LUQMAN)

Sâ’d fut parmi ceux qui combattirent lors de la bataille de Badr, ainsi qu’à Ouhoud, et d’ailleurs il fut parmi ceux qui défendirent le prophète de Dieu lors de cette bataille. De même, ses talents de diplomate et sa sagesse lui permirent d’obtenir le titre de gouverneur de Kufa durant les califats d’Umar et d’Uthman. Sâ’d mourut à l’âge avancé de 80 années, en l’an 664.

Auteur: Souhayl.A & Lionel.J
Cet article a été déjà consulté 424070 fois
 

 

(2) Monothéiste d'avant l'Islam, n’appartenant ni à la religion juive ni à la chrétienne.
(3) Célèbre bataille ou 20 000 musulmans, conduit par Khalid Ibna al Walid mirent en déroute l'armée byzantine composée alors de plus de 40 000 hommes (une coalition regroupant des Grecs mais aussi des Arméniens des Slaves et des Arabes chrétiens de Syrie ou du royaume Ghassanide).