Question n° 18

Le prophète était-il (réellement) illettré ?
L’adjectif ummi apparaît cinq fois dans le Coran. Remarquons d'emblée que sa traduction fréquemment adoptée par “illettré” ne répond que partiellement à la complexité du terme arabe. Littéralement, le ummi est celui qui est resté dans l'état où sa mère (umm) l'a enfanté. Appliqué au Prophète, le terme ummi comporte des enjeux importants. Pour la plupart des auteurs musulmans, il désigne l'illettrisme du prophète, confirmé par le verset 48 de la sourate 29 : “Avant [la révélation du Coran], tu ne récitais aucun livre, ni n'en écrivais aucun de ta dextre”. Le plus grand miracle du Prophète consiste donc dans le fait que le Livre lui ait été révélé. (…) Pour beaucoup de musulmans, la révélation du Coran au “prophète illettré” est le miracle par excellence qui estompe toute autre grâce surnaturelle. En outre, pour l'apologétique musulmane, cet illettrisme prouve que Mohamed n'avait pas une connaissance directe des Ecritures judéo-chrétiennes, et donc qu'il n'a pu les plagier. (…) Pourtant, l'analphabétisme du prophète n'est pas une certitude pour les orientalistes, ni même pour les auteurs musulmans anciens. Il a notamment exercé le commerce avant d'être investi de la prophétie, et il se devait donc de noter au minimum les noms et les prix des produits. Certaines sources contemporaines indiquent qu'il ne savait pas bien écrire, mais écrivait tout de même. Quoi qu'il en soit, le prophète maîtrisait parfaitement la langue orale, comme en témoignent ses nombreux propos rassemblés dans les recueils de hadiths.

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