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    La férocité de l’ère Moubarak se poursuit au point de passage de Rafah

    Le président Mohamed Morsi et son gouvernement ont continué sur les traces du régime déchu suite aux protestations de masse sur la place Tahrir au Caire, deux ans plus tôt. Son prédécesseur, Hosni Moubarak, suivait alors les ordres israéliens en fermant régulièrement le passage de Rafah.

    Depuis 2006 - lorsque le Hamas a gagné de façon inattendue les élections parlementaires palestiniennes -, la situation au point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte est une extraordinaire source de confusion.

    Pour 1,6 million de Palestiniens à Gaza, ce passage est la principale porte vers le monde extérieur. Il n’y a pas d’autres voies pour entrer dans le territoire assiégé ou pour en sortir - jusqu’à la fin des années 1990, les Palestiniens pouvaient voyager via le passage d’Erez, qui sépare la bande de Gaza et Israël.

    Le président Mohamed Morsi et son gouvernement ont continué sur les traces du régime déchu suite aux protestations de masse sur la place Tahrir au Caire, deux ans plus tôt. Son prédécesseur, Hosni Moubarak, suivait alors les ordres israéliens en fermant régulièrement le passage de Rafah.

    Un lourd bilan

    Les policiers égyptiens – furieux suite à l’enlèvement de sept de leurs collègues – ont fermé ce mois-ci le passage ; ils ont bloqué ainsi les voyageurs palestiniens des deux côtés pendant cinq jours. Ces voyageurs, surtout les malades parmi eux, l’ont lourdement payé puisqu’une personne en est décédée : M. Ghazza al-Khawaldi de Khan Younis, il avait besoin de se faire soigner à l’étranger.

    Les Palestiniens de la Bande ne comprennent pas pourquoi le passage a été fermé suite à l’enlèvement des policiers. Les ravisseurs sont membres du Tawhid wa al-Jihad, un groupe dont la vision islamiste est plus radicale que celles des Frères musulmans de Morsi, ils ne bénéficient d’aucun soutien de la part de la grande majorité des habitants de Gaza. Mais Gaza subit systématiquement ces punitions collectives. Le mois dernier deux roquettes ont été tirées contre Israël depuis le Sinaï. En août de l’année dernière, 16 gardes-frontières égyptiens ont été tués par des militants. Chaque fois que cette violence a lieu, c’est toute la Bande de Gaza qui en paie le prix.

    Les portes de la prison

    Plus de deux ans après le soulèvement en Égypte, le passage de Rafah est toujours une porte de prison. Le Caire a ignoré les demandes des manifestants de la place Tahrir, dont beaucoup portaient des drapeaux palestiniens et dénonçaient la collaboration de l’Égypte avec Israël.

    Le mois dernier, une délégation de jeunes Palestiniens vivant dans la bande de Gaza, la Cisjordanie, l’actuel Israël et la diaspora, a participé au Forum Social Mondial en Tunisie. Parrainés par Quaker et les organismes de santé, les six participants venus de Gaza, y compris moi-même, ont atteint le poste frontière de Rafah comptant sur l’autorisation spéciale des agents de sécurité afin de passer facilement et rapidement.

    Nous avions tous prévu de profiter du peu de temps que nous aurions eu en Égypte avant de prendre l’avion. Je m’étais arrangée pour rencontrer des amis égyptiens ainsi que des militants. En arrivant au passage de Rafah, nous avons vu des dizaines de voyageurs palestiniens emplis d’anxiété, se demandant s’ils seront autorisés à passer ou seront renvoyés à Gaza. La fumée de leurs cigarettes enveloppait la salle. Pendant que les hommes étaient interrogés par l’agence de « sécurité nationale » égyptienne, notre groupe - 3 femmes et 3 hommes - attendait impatiemment.

    Pendant que nous attendions, nous avons entendu une femme, dans la quarantaine, pleurer et sangloter ; elle était hystérique et semblait sur le point de s’évanouir. La femme, son mari et un enfant de cinq ans étaient debout près du bureau où les agents de renseignement contrôlaient chaque homme. Il s’agit essentiellement des mêmes vérifications et des mêmes procédures que celles de l’appareil policier oppressif de Moubarak.

    Humiliant

    La femme en pleurs souffrait d’un cancer et avait une autorisation pour traverser l’Égypte pour son traitement. Pourtant, l’agent de police voulait refouler son mari vers Gaza. Lorsqu’elle a tenté d’expliquer au policier qu’elle ne pouvait pas voyager sans son époux ; il a alors déchiré ses papiers ainsi que son autorisation - un document difficile à obtenir. On se demande si cet officier aurait osé déchirer les papiers d’un Américain, d’un Européen ou d’un Israélien - ou de n’importe quel citoyen du monde autre que palestinien. Ils les ont finalement autorisés à passer après avoir refoulé la plupart des hommes vers Gaza. Mais après leur avoir fait subir un traitement cruel et humiliant.

    Quant à notre groupe, nous avons dû attendre cinq heures à Rafah. En fin de compte, trois d’entre nous ont été informés, côté égyptien, qu’ils ne pouvaient pas aller plus loin. J’ai demandé des explications à propos de cette décision et expliqué à un agent de sécurité que les trois hommes faisaient partie de notre groupe, et que nous tous avions été autorisés à assister au Forum Social Mondial au Brésil, quelques mois auparavant.

    "Ne discutez pas"

    Les gens de Gaza savent que les hommes de moins de 40 ans ont interdiction de voyager sans qu’aucune explication ne leur ait été donnée quant à cette décision.
    Ironie du sort, cette mesure prise après le soulèvement de 2011 en Égypte, viserait à "faciliter" le siège de Gaza.

    L’État d’Israël impose la même mesure aux Palestiniens de la Cisjordanie occupée qui souhaitent entrer à Jérusalem pour prier à al-Aqsa.

    Après m’avoir posé quelques questions sur ma personne et mon travail, l’agent n’a eu qu’une seule réponse à me fournir : « ce sont les ordres ; ne discutez pas ».

    Nous, les trois femmes du groupe – nous nous sentions très mal - avons été conduites à notre hôtel où nous avions une réservation pour 6 personnes. Les hommes avec quelques autres jeunes, ont été menés à ce que les Palestiniens appellent la « salle de déportation » de l’aéroport international du Caire.

    Même s’il peut sembler que le fait d’être femme constitue un « privilège », ce n’était pas le cas. Cette catégorisation est une mesure discriminatoire contre nous tous. Nous avons, en effet, appris de nos collègues refoulés que la discrimination contre les Palestiniens s’aggravait. Selon eux, les autorités égyptiennes ont créé une nouvelle catégorie de personnes à refouler : les Palestiniens résidant en Syrie. Il s’agit de personnes qui ont fui l’effroyable violence en Syrie, et à qui l’ambassade syrienne au Caire avait promis de l’aide. Cependant, le personnel de l’ambassade en découvrant qu’il s’agissait de réfugiés palestiniens, leur auraient déclaré qu’ils n’étaient pas « de leur responsabilité ». Les hommes du groupe ont rencontré de nombreux Palestiniens classés dans cette catégorie. Beaucoup d’entre eux étaient restés dans la même pièce pendant plus de 40 jours. L’un d’entre eux avait sa sœur dans la « salle de déportation » des femmes. Un autre homme a perdu contact avec ses parents qui se trouvent dans un camp de réfugiés en Turquie ; il essayait d’atteindre la Suède où il a des proches.

    Au Caire, nous avons voulu nous renseigner au sujet de ce groupe de personnes, les autorités égyptiennes nous ont informés qu’ils avaient été transférés à la prison d’Al-Qanatir.

    Déni de la liberté de circulation

    Près de 2 ans plus tôt, des dizaines d’organisations arabes et internationales ont lancé un appel urgent pour l’ouverture permanente du passage de Rafah. L’appel a été appuyé par des militants vétérans anti-apartheid d’Afrique du Sud comme Desmond Tutu et Ronnie Kasrils ainsi que par Richard Falk, le rapporteur spécial des Nations-Unies pour la Cisjordanie et Gaza et par les auteurs Ahdaf Soueif et Tariq Ali.

    La liberté de circulation est un droit fondamental humain assuré par les conventions de Genève. Le gouvernement égyptien viole ce droit.

    Nous luttons toujours pour défendre nos droits fondamentaux ; dans notre lutte, les paroles du poète palestinien Mahmoud Darwish renforcent nos cœurs : « Aucune salle de détention ne subsistera et plus aucune chaîne n’étranglera  ».

    Eli Yishai, qui était ministre de l’Intérieur d’Israël, jusqu’à récemment, avait promis « de ramener Gaza au Moyen Age ». Le siège imposé aux gens de Gaza est à la fois physique et psychologique. Il faut intensifier nos actions pour mettre fin à ce siège, il s’agit d’une urgence.

    Ayah Bachir est titulaire d’une maîtrise en politique internationale à la « London School of Economics and Political Science » (les) à Londres. Elle a obtenu son premier diplôme en Langues et Littérature anglaises. Elle est membre du comité pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre à Israël, organisation basée à Gaza, elle est également partisane du Groupe palestinien pour un seul État démocratique.

     

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    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 6116192
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